Radars automatiques : des marchés (publics) très secrets, extrêmement juteux et en plein boom

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Radars automatiques : des marchés (publics) très secrets, extrêmement juteux et en plein boom

Afin de déployer massivement les radars automatiques à travers l'hexagone, le budget "sécurité routière" est en augmentation perpétuelle. Grâce à l'incroyable acharnement  des autorités sur les usagers de la route, les entreprises privées positionnées sur ce marché extrêmement lucratif, profitent largement des deniers publics et engrangent des millions chaque année.

340 millions d'euros, c'est le budget 2019 consacré par l'Etat à la répression routière. Le même budget est attribué pour 2020 avec des prévisions de recettes toujours plus importantes.

De plus en plus d'entreprises privées interviennent logiquement chaque année dans ce processus de taxation de grande envergure. Le marché des radars automatiques en France est devenu un segment extrêmement juteux pour les industriels, avec une course à l'armement des autorités publiques toujours plus démentielle. Le client pigeon final reste évidemment l'usager de la route. Plus de 80 % des excès de vitesse constatés sont inférieurs à 10 km/hDes conducteurs piégés, probablement plus concentrés à la sûreté de leur conduite, qu'à être à l'affût de la dernière prouesse technologique de Safran...).

CEGELEC, VITRONIC, SAFRAN, PARIFEX, SENSYS GATSO, FARECO , IDEMIA sont comptés parmi les fournisseurs choisis pour collaborer dans le déploiement de nouveaux radars automatiques, notamment le fameux radar tourelle MESTA FUSION ou encore le nouveau radar urbain actuellement en phase de test. Ces entreprises assurent également pour certaines la maintenance de leurs appareils.

JENOPTIK, SPIE, SETEC, STERIA interviennent sur une partie de la maintenance des appareils ainsi que sur le pilotage des interventions.

CAPGEMINI, DOCAPOST, travaillent en étroite collaboration avec le Centre National de Traitement de Rennes respectivement au niveau du pôle informatique / Fichier national du permis de conduire et traitement de documents, numérisation, affranchissement... 

SGS certifie le bon réglage des radars.

>> Vidéo. La marge de tolérance des radars n'existe pas !

ATOS WORLDLINE intervient au niveau de la télécommunication des radars automatiques.

MOBIOM, GEOS, OTI FRANCE sont les prestataires chargés des contrôles radars mobiles dans le cadre de la privatisation et l'externalisation de la conduite des voitures équipées du fameux GATSO MILLIA.

Au cours de ces dernières années, plusieurs scandales ont éclaté. En 2010, on découvrait des pratiques éloignées des textes en vigueur dans le contrôle et la certification du bon réglage des radars automatiques. SAGEM vendait ses radars à l'Etat et choisissait l'entreprise chargeait de contrôler ses appareils afin d'assurer l'exactitude des vitesses enregistrées, il s'agissait de la société SGS. Les organismes désignés dans ces opérations de contrôle doivent "présenter toute garantie d’intégrité et d'impartialité", mais aussi "être indépendants de toute personne ayant un intérêt direct ou indirect dans les instruments de mesure. Une condition non respectée. Le contrôle des appareils étaient donc illégal, ce qui eu pour conséquence de rendre 8 millions de PV contestables. En 2014, l'inspection générale de l'administration (IGA) révélait de très nombreux dysfonctionnements pour les marchés publics passés avec ATOS pour différentes prestations au CNT depuis 2003 avec des tarifs largement surévalués, des marges prises sur des activités sous-traitées. En 2019, l'association ANTICOR, qui lutte contre la corruption, déposait plainte contre Thierry Breton, actuel commissaire européen et ancien PDG d'ATOS. Ce  n'est hélas pas la seule entreprise qui a bénéficié de la générosité de l'Etat, pas toujours très regardant sur le montant des prestations...

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